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Publié : 16 mai 2007

Haneffe 29 avril 2007

Championnat de Belgique F3i

Le championnat de Belgique de planeur remorqué durée-vitesse (F3i) reprend ce
dimanche.
Toute la semaine a connu une canicule avec des températures maximales supérieures à
30°C. Quant aux températures minimales (aux environs de 15-16°), elles ont frôlé la
température moyenne d’un mois de ... juillet normal.

Je ne voudrais pas vous faire un cours sur le réchauffement global mais ceci pourrait en être une conséquence. A ceci près qu’aucun modèle qui prenne en compte le seul CO2 n’est capable de rendre compte d’un changement climatique aussi rapide que celui observé depuis une demi-douzaine d’années. Je n’ai qu’un seul commentaire à ce sujet : on va suer.
Durant tout l’hiver, de manière exceptionnelle, à chaque fois que j’ai volé, j’ai trouvé des pompes et j’ai pu faire des vols somptueux (toujours au-delà de 8 minutes). L’air un peu froid plus les restitutions de chaleur du sol et des nuages ont permis ces beaux vols d’hiver.
Maintenant, nous voilà brutalement dans des conditions non plus printanières mais estivales.
Le vent vient de l’est, assez soutenu, sec, sans nuage, et l’air est chaud ce qui fait que notre grand ami Reynolds a une toute petite b...
Dès mon arrivée, je me rends compte que quelque chose a changé.

Jean-Baptiste Gallez a promis de rester vigilant et de toujours avoir l’oeil ouvert sur les entorses au réglement.

Tout d’abord, il y a un nouveau directeur sportif : Jean-Baptiste Gallez a pris la place
de Jean-Claude Stienon. On a perdu l’accent liégois mais on a gagné une belle barbe.
Ensuite, il y a des nouveaux concurrents.
Etienne Belluz, du club d’Andenne, est venu avec un Larzac MH32 ;
Marc Bruylants, du club d’Andenne, avec un DG600 ;
Eric Rémy, du club d’Andenne, avec un Larzac HQ29 ;
Guy Van Pelt, du club de Longueville, avec un Larzac HQ29.

Le Larzac fabriqué par Cévennes Concept Modélisme est utilisé par 3 nouveaux concurrents
Pour le reste, on retrouve les concurrents F3istes expérimentés :
Pierre Dubois, club de Longueville, JCH RG12a ;
Daniel Ghellynck, club de Nivelles, JCH RG12a ;
Raymond Goffinet, club d’Othée, MDW HQ29 ;
Thierry Gras, club de Nivelles, JCH RG12a ;
Pierre Lecuy, club de Nivelles, Thalys PR005 ;
Pierre Rasmont, club de Nivelles, RAC PR001 ;
Bruno Steelandt, club de Nivelles, JCH RG12a ;
Jacques Wouters, club d’Othée, MDW HQ29.
Le remorquage est assuré par Eric Counson et Serge Marneffe. Viviane Lecuy et Marie-
Claire Counson assurent le chronomètrage à la base A.
On démarre vers 10:30 par une durée. Tout de suite, on comprend la douleur. Il n’y a
pas une pompe dans ce ciel. Ou plutôt, il y a de vagues remous plus ou moins porteurs
accompagnés de dégueulantes décourageantes. Et pourtant, Thierry et Bruno parviennent à faire le carreau (8.00 minutes pile), tandis que Raymond, Eric et Etienne arrivent à 7.50.


Guy Van Pelt a bien du mal avec son Larzac, il bénéficie d’une aide de tous les instants de la part de Daniel Ghellynck
Quant à moi, je me suis senti un peu pélican sur ce coup-là
"Planeur mélancolique, je regarde les cieux,
En vain, j’ai des airs, fouillé la profondeur,
Le ciel était vide et les pompes désertes.
Mais la bière coule à flots sur ma poitrine ouverte"
La vitesse est difficile à cause du vent fort qui vient de la base B. Et pourtant, Thierry
Gras parvient à nous faire un très beau 33,1 sec. Parmi les nouveaux venus, Eric Rémy fait 39,3 et nous laisse voir que sont Larzac est un planeur qui marche fort bien.
On reprend la deuxième série par une vitesse. Et là, c’est Bruno qui fait un splendide
33,9 sec, alors que Raymond Goffinet fait 34,3. Etienne Belluz fait 39,3 avec son Larzac,
aussi bien réglé que celui d’Eric.
Il peut paraître qu’il y a un gros écart entre les 33 et 39 secondes mais Thierry, Bruno
et Raymond ont bénéficié à chaque fois de conditions idéales. Bruno a même eu une buse qui cerclait au dessus de la base A. A l’opposé, Jacques Wouters a chaque fois eu des conditions franchement mauvaises (37 et 39 secondes), tout comme Eric et Etienne.

Etienne Belluz fait une très belle première participation au championnat F3i

Marc Bruylants participe avec un DG600

Eric Rémy durant une épreuve de durée, ici aidé par Marc Bruylants

A l’arrière-plan : de gauche à droite : Pierre Dubois, Dany Ghellynck, Etienne Belluz, Marc
Bruylants, Eric Rémy, Pierre Lecuy, Pierre Rasmont, Guy Van Pelt, Bruno Steelandt, Thierry
Gras, Jacques Wouters, Raymond Goffinet ;
à l’avant-plan : Serge Marneffe, Eric Counson

Grâce aux très bons et rapides remorquages avec très peu d’incidents, on commence le
repas à 12:45. Nos hôtes nous on confectionné un couscous de grande classe. Il faut le dire et le répéter : le club d’Haneffe nous accueille chaque fois comme des princes. Et quand, en plus, il fait soleil, là, on se sent bien avec les copains. Pour rappel, les copains sont ceux qui partagent le pain. La célèbre Catherine Millet ajoutait à cela que ses meilleures amies étaient aussi de bonnes copines (mais ceci nous entraîne ans une autre direction que je ne suivrai pas).

Après ce repas plantureux, le ventre plein, on profite de la belle lumière pour faire une
photo de groupe. Et puis on se remet à l’ouvrage. D’abord une durée. Je me traîne comme à la première. Comme tout le monde SAUF Eric Rémy (7.50) qui, malchance, est dans ma série. A titre indicatif, dans sa série, Raymond Goffinet atteint les 1000 points avec seulement 6 minutes, et dans la sienne, Jacques Wouters avec 6.50.
De la troisième manche, j’ai de mauvais souvenirs. Daniel Ghellynck, crashe son JCH au
virage de la dernière base. Raymond Goffinet découvre avec effroi qu’il a la même longueur d’onde qu’un concurrent (à cause d’une faute de frappe à l’encodage) mais comprend à temps le problème, avant le décollage.

Pour ma part, j’ai dû voler avec mon mulet (à cause d’une bricole infîme mais non
réparable sur mon RAC), un Crystal MH32. Mon vol de durée commence bien, belle
trajectoire et tout et tout et puis, couic, erreur de pilotage sur ce planeur que je connais
nettement moins bien et je me crashe violement au dernier virage, exactement comme Daniel juste avant.

"Alors je me soulève, ouvre mon aile au vent,
Et, me frappant le coeur avec un cri sauvage,
Je pousse dans l’après-midi un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des champs désertent leur herbage..."

Maintenant, quand je compare les dégâts sur mon Crystal à ailes coffrées construit par
Pierre Lecuy avec la solidité d’un Sturmovik et ceux du JCH de Daniel, y a pas photo. On
dirait que le JCH est fabriqué avec des allumettes et du balsa. Le planeur de Daniel est
totalement, intégralement broyé. Pas une pièce, pas un tronçon n’est récupérable. Sur le
mien, les ailes n’ont rien, ni le stab, ni la verrière. Simplement, la clef est cassée et le fuselage est brisé au pied de la dérive. Clairement, les ailes coffrées sont infiniment plus solides.

Perdu dans mes ruminations, je n’ai pas bien suivi la fin du concours, et donc la
dernière durée. Mais je vois dans les résultats que, à part Jacques Wouters qui a fait un
carreau, les 1000 ont été atteints à seulement 5.50 (Thierry Gras), 5.20 (Raymond Goffinet) ou même 5.00 (Eric Rémy).
Voilà le classement général :

1. 4000,0 Thierry Gras

2. 3911,4 Raymond Goffinet

3. 3805,7 Jacques Wouters

4. 3780,5 Bruno Steelandt

5. 3697,8 Eric Rémy

6. 3520,9 Etienne Belluz

7. 3253,3 Pierre Rasmont

8. 3025,4 Pierre Dubois

9. 2658,1 Marc Bruylants

10.2647,4 Pierre Lecuy

11.2632,8 Daniel Ghellynck

12.0586,3 Guy Van Pelt

Que faut-il retenir de ce beau concours ?

Tout d’abord, les Larzac apparaissent comme de très bonnes machines (surtout avec le
profil MH32, m’a-t-il semblé). Eric et Etienne ont acheté le leur à un prix modique en faisant la finition eux-même (excellente finition). Grâce à cela, le club d’Andenne fait une rentrée de haut niveau parmi les compétiteurs.
On voit tout de suite qui est en forme. Le podium se disputera entre les mêmes
concurrents que l’an dernier. Par contre, dans le reste du classement, il va y avoir de la
bagarre.

Pierre Rasmont

1er mai 2007
PS : merci à Alfred de Musset "La nuit de mai"
" Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j’en sais d’éternels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d’un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
..."
dont je me suis librement inspiré pour quelques vers bancals.