Vous êtes ici : Accueil > Du côté de la France > Une histoire belge au Championnart de France 2015
Par : Ghislain
Publié : 24 mai 2015

Une histoire belge au Championnart de France 2015

En cette année du bicentenaire de la bataille de Waterloo (une victoire pour l’Europe, dirons-nous), l’histoire semble hoqueter. Car Malesherbes 2015 avait bien des airs de morne plaine. Comment comprendre, et c’est bien là que l’affaire se… corse (!), qu’un résident de … Waterloo puisse après 3 jours de compétition faire chuter l’aigle du F3Q (Olivier Ch.) ? La victoire pour l’un et la défaite pour l’autre se sont joués sur pas grand chose. Permettez-moi de vous livrer ici mon analyse très personnelle des événements. Peut-être y trouverez-vous quelques éléments à méditer.

Au moins dix pilotes terminent à plus de 95%. C’est dire si les prétendants – déclarés ou non – étaient nombreux. Les jeunes sont fortiches et ont déjà tout intégré : le pilotage, la stratégie et l’aérologie. Les moins jeunes, en bons grognards, ont toujours la niaque. Et le tout fait énormément plaisir à voir. La relève de la garde est bien assurée. Merci le Sud-Ouest. Mais que fait le Noooord ?

La chance reste une composante importante en compétition mais elle ne sourit qu’aux esprits préparés. Deux exemples : Lors de la manche 3, je casse ma clé d’aile suite à une erreur de pilotage au terme de la première épreuve (vitesse) ; je sors ma clé de réserve qui s’avère… criquée et donc raisonnablement pas utilisable. Je remercie Philippe I. qui m’en prête une troisième ; je ballaste pour revenir au poids nominal et fait des allers-retours pour tenir les officiels au courant et revalider la masse du planeur au gramme près. Je m’aligne juste à temps pour l’épreuve de durée, fait un temps honorable et sauve la manche. Lors de la manche 5, je suis à la ramasse après 4 min. dans la première épreuve (durée). Je prends des risques, flirte avec la cime des arbres et finit par me planter dans un chêne à 10 mètres de haut. C’est la Bérézina ! Grâce à Rémi (encore merci, sans lui on y serait encore), il nous faut trois quart d’heure pour dépendre le planeur sans trop de dégât. Rebelote : remise en état, passage auprès des officiels et on se présente pour la vitesse. La manche est perdue mais le super temps claqué en vitesse (31.0) va faire mal à tous les autres concurrents. Rien n’est jamais perdu. Tous les coups sont à jouer.

L’adage, bien connu en F3Q, selon lequel « on gagne grâce à la Vitesse et on perd à cause de la Durée » s’est encore une fois vérifié. J’ai gagné grâce à l‘épreuve de vitesse en manche 5 et Olivier a perdu à cause de l’épreuve de durée en manche 6.

Pour faire de la compétition, il faut deux machines en ordre de vol. Pour le coup, cette compétition a été exceptionnelle. Seul, le malheureux Adrien a cassé sa machine lors de la dernière épreuve. Mais d’autres ont un peu ramé pour rester dans la course : une machine a priori trop lourde, pas de mulet mais – miracle de l’entraide- une clé carbone apparaît et permet de passer sous le seuil des 5kg (Ph. M) ; un récepteur récalcitrant nécessitant un remplacement et la reprogrammation (M. A) ; un fuselage fatigué rabiboché à la cyano et au ruban adhésif (Ph. R) ; une machine plantée dans un tas de fumier et un mulet pas vraiment prêt (Ph. I). Pour le coup, j’ai eu de la chance : mon mulet n’était pas réglé mais je n’ai pas eu à le sortir. Olivier, par contre, avait 2 machines, bien prêtes, bien réglées et bien maîtrisées. Dans la dernière manche, sentant sans doute le vent du boulet dans la nuque, il a décidé de changer de machine et fait le plein (2000 points). Peut-être n’a-t-il pas volé avec la meilleure de ses 2 machines ?

Au rayon des machines, que voit-on ? La tendance à utiliser des ailes issues du F3J se confirme : Argema (3 ou 4) et Explorer (2 ou 3) avec un dièdre diminué de moitié offrent un très bon compromis Durée-Vitesse et, au dire des pilotes concernés, un grand agrément de pilotage. Les ailes de Michel A. sont aussi très bien représentées et manifestement très efficaces. Les stabs semblent suivre la tendance F3B/F3F : les Vé fleurissent. Pour ce qui est des fuselages, le JCH est indémodable ; des Austral, des Omega, des Rac, tous très beaux mais, personnellement, j’ai un faible pour le Varianne.

Au rayon des plus beaux vols de durée, je cite Brigitte et Daniel G. Du vrai vol à voile ! Pas d’hésitation pour suivre la bulle, voler sous le vent et à faire confiance à la machine et à son pilotage quand on ne la voit plus.

Au rayon des coachs, je citerai 4 personnes : Ph. R a coaché toutes mes Durées et supporté toute ma peine à tenir mon planeur en l’air ; je salue la sportivité et la qualité d’Olivier Ch. Pour les Vitesses : mes trajectoires et anticipations lui doivent tout ; Jérôme B. a gratifié beaucoup de monde par sa vista, ses analyses et ses bons conseils. Jean Ch., enfin, qui, je confirme, a bien 3 yeux : malheureusement un seul pour son planeur mais un autre sur tous ses poulains qu’il entraîne et équipe ; un troisième œil enfin sur la compétition et son avenir.

Au rayon des règles de l’épreuve de Vitesse, il faut rappeler à Hervé Ch. Qu’il convient de faire 4 passages (et pas 3).

Au rayon de la bonne humeur, je cite Phil.I. Il a mangé du pain noir pendant tout le concours sans jamais se départir de sa bonne humeur. Et avec lui (et son ti punch des îles)… on n’entend plus le Sud chanter ! Toutefois, les meilleurs canons sont du côté du Sud-Ouest (des histoires de vache ?). Je citerai également tous les autres que je n’ai pas nommés : ils ont fait un beau championnat. Le tout dans un super esprit. Qu’ils en soient remerciés.

Au rayon des souhaits, j’aimerai idéalement plus de manches avec un tirage qui tienne compte de l’historique et permette d’affronter en durée tous les autres concurrents. J’aurai aimé voir Julien G. être des nôtres mais comprend son attrait du moment pour le F3B. A titre tout à fait personnel enfin, je ne désespère pas disposer un jour d’un beau fuselage. Que certains – qui se reconnaîtront - suivent mon regard…

Et maintenant, pas question de retraite ou d’exil, le plus dur reste à venir : se maintenir et faire honneur au titre ! Malesherbes 2015 est mort. Vive l’Empereur !

Bons vols à tous
Gh.